Réussir son sexfie : choisir son média

Entre le moment où nous écrivons ces lignes et celui où vous les lirez, 800 nouveaux réseaux sociaux incontournables auront probablement vu le jour.

D’où ce dilemme : par quel canal envoyer son sexfie, pour que…

Il le reçoive (« Chéri, t’as pas reçu la photo de mes seins ? Regarde dans tes spams ! » : #fail)

Il soit le seul dans ce cas (« Chéri, t’as bien reçu la photo de mes seins que je t’ai envoyée sur contact@tonentreprise.com ? » #maxifail) En la matière, il y a deux écoles : privée ou publique.

L’option privée (MMS ou mail) est évidemment la plus secure, surtout si votre destinataire ne quittejamais son portable, ni ne laisse sa fenêtre mail ouverte lorsqu’il quitte l’open space pour aller déjeuner : si les murs ont des oreilles, les open spaces, eux, ont des yeux. Et 10/10 à chaque œil.

L’école réseaux sociaux est beaucoup plus risquée, même si elle peut paraître alléchante. Si on veut tenter le coup :

  • On choisit WhatsApp plutôt que Facebook, dont la messagerie est à peu près aussi fiable que la promesse d’un gâteau sans sucre chez Jérémie Michalak
  • On évite Snapchat, dont les captures d’écran ont torpillé le concept initial de messages éphémères.
  • On ne hashtague pas la photo que l’on envoie via la messagerie privée d’insta.
  • On ne tweete sous aucun prétexte – d’autant plus que votre chute de reins mérite mieux qu’un feedback en 140 caractères (#petit-joueur).

Soigner le décor pour réussir son selfie sexy

Ça coule de source, jusqu’au jour où notre boss nous surprend devant le miroir des toilettes de l’étage, en position duckface et bras bien serrés contre le buste pour faire pigeonner notre décolleté, tandis que l’on s’apprête à envoyer : « Je bosse vraiment dur, et toi ? »

On ne prend donc jamais, JAMAIS de sexfie dans un lieu public, quel qu’il soit :

  •  « Chez mes parents » compte comme un lieu public.
  • Si on habite en colocation, on s’enferme bien entendu à double tour avant d’ôter le moindre faux cil.

Reste à choisir le fond de son selfie coquin : • Un lit aux draps légèrement froissés est un classique, un peu la Stan Smith du sexfie, mais il a l’avantage d’être chic et sensuel, surtout si notre couette est unie dans des tons pastel, plutôt qu’un imprimé à fleurs ou à chatons.

  • Le miroir de la salle de bains a lui aussi fait ses preuves. On veille toutefois à planquer les détails moins glamours qui pourraient ternir notre sexitude : tampons, rasoirs et autres détails susceptibles de lui rappeler que nous sommes humaines.
  • À bannir : la cuisine. Trop bizarre, même pour un cinéphile adorant « Le facteur sonne toujours deux fois », où la femme est culbutée sur la table dans la farine.

Préserver (un peu) de mystère

On n’envoie pas notre sexfie entièrement nue de but en blanc, même s’il nous le demande : cela équivaut à raconter la fin du film avant qu’il ait vu la bande-annonce. On fait monter le désir, en dévoilant un morceau de notre anatomie, plutôt une partie érogène   qu’un coude, ou en s’inspirant des tendances qui font florès sur Instagram…

  • L’underboob, une photo prise du dessous de la poitrine, nue ou légèrement cachée par un crop top, qui a l’avantage d’être sexy, que l’on fasse un bonnet A ou un bon D.
  • Le sideboob, soit le « décolleté latéral », qui consiste à révéler une partie des seins dans l’échancrure d’un tee-shirt large ou d’une robe à bretelles.
  • Si l’on ose le full frontal, on pose à contre-jour, pour jouer avec les effets d’ombre et de lumière, et cacher tout ce qu’on veut montrer.

Pour réussir son sexfie, il faut rester naturelle

À défaut d’être 100 % réaliste, un sexfie réussi doit paraître authentique, c’est-à-dire fidèle à qui l’on est. On ne se lance donc pas dans un brushing Disney Channel, avec cascades de boucles que l’on croirait moulées sur des Knacki, si dans la vraie vie on se coiffe avec une fourchette.

Pas plus que l’on ne s’affiche en porte-jarretelles et culotte fendue s’il ne nous a jamais vue autrement qu’en soutif nid-d’abeilles. Taquiner ses limites et oser un orteil en dehors de sa zone de confort, c’est bien. Poser le dos cambré à 90°, une moue glossée, c’est vite ridicule, et contreproductif.

Rappelons que l’objectif du sexfie est d’exciter l’autre telle que l’on est. S’il nous répond : « C Ki, MDR ? », ou qu’il nous soupçonne d’organiser un barbecue porno à la maison, rapport à la quantité de bougies allumées, l’objectif n’est pas atteint.

Donc, lumière naturelle. Pas de spot façon pole dance, ni d’ambiance trop tamisée. Make-up bossé mais pas surchargé. Pose réaliste, pas « répétition au Lido ».


Y aller mollo avec la retouche

On n’essaie pas toutes les applis de filtres photo avant d’envoyer son sexfie. D’abord parce que moins c’est naturel, moins c’est sexy, et surtout parce que plus on geeke, moins on s’excite.

Par ailleurs, on assume nos petits défauts, plutôt que de les photoshoper jusqu’à ce qu’on ne distingue plus que nos yeux et notre point G.

Il nous a prouvé qu’il nous désirait telle qu’on était, avec notre petit bidon ou nos trois capitons. Et puis on n’est pas obligée de tout lui montrer (cf. plus haut) : un joli gros plan un peu flou sur une partie de notre anatomie qu’on aime, c’est aussi sexy, voire plus, qu’une photo en pied.


Demander un avis extérieur

Dans la cinquième et dernière saison de « Girls », Hannah (Lena Dunham), jalouse que son mec conserve les sexfies de ses ex à des fins, hum, devinez, demande à son meilleur ami gay de l’aider à faire son propre sexfie.

Sans aller jusque-là, car il n’est pas forcément évident de demander à notre meilleure amie de nous photographier à poil, un doigt dans la bouche, on peut demander à une copine muette comme une tombe, et objective mais diplomate si, oui ou non, on a l’air enceinte sur cette photo.

Encore faut-il avoir une copine de ce genre.


Garder le sens de l’humour

L’idée est d’être légère, sans pour autant être LOL, comme si le fait d’envoyer des autoportraits érotiques était aussi naturel que de se laver les mains. On évite donc la légende graveleuse d’apprentie pornstar, comme le message ultra descriptif, quasi chirurgical, qui refroidirait un légionnaire en permission.

  • On est souriante sur la photo, même si on ne voit pas notre visage, ou qu’on le voit mal, ou flou.
  • On ne se prend surtout pas au sérieux, non à la bouche de poisson qui attend ses granulés.
  • On n’abuse pas des emojis connotés, type aubergine ou pêche, et on accompagne son sexfie d’une légende coquine mais classe, du type : « Ne dis rien à mes parents 😉 »

Varier les plaisirs

Un sexfie est sexy tant que l’on n’en fait pas une habitude : cela doit rester une surprise, ou un piment occasionnel. Que cette précaution d’usage ne nous empêche pas de varier les positions, les angles, voire les tenues, ni surtout d’inciter notre destinataire à nous rendre la politesse. Car après tout, le sexfie est un nom masculin… l


Les règles de sécurité du sexfie

  • Vérifier où il l’a archivé

En le lui demandant, par exemple. Avec ce risque qu’il change la photo de place juste après. Un risque nettement réduit lorsque l’on checke discrètement les photos de son portable et son ordinateur…

  • Lui demander de détruire nos sexfies devant nous

Au nom de la confidentialité des données personnelles : « Si ça se trouve, Mark Zuckerberg est déjà en train de me mater et on ne s’en rend même pas compte ! »

  • S’assurer une monnaie d’échange

En exigeant la réciproque : « À toi maintenant », ou encore mieux : « Toi d’abord. » Bien sûr, on a confiance en lui, et jamais il n’irait montrer cette photo à qui que ce soit, ou pire, la partager sur internet !

Toute personne ayant tenté de prendre en  photo son propre boule, en le mettant le plus en valeur possible, frôlant la rupture de la nuque, tout en essayant d’atteindre le bouton déclencheur sur son portable, SAIT

Oser se mettre à nu en photo, pour son plaisir ou pour les envoyer à une ou un heureux élu, est un exercice délicat…

« Je trouve qu’envoyer des photos de nu est génial. C’est un truc que les gens qui ne sont pas ensemble tout le temps peuvent s’envoyer et ainsi partager un moment intime. »


Faire un selfie sexy : soigner la lumière

La lumière en photo, c’est la base. On peut opter pour la lumière naturelle ou jouer avec l’éclairage pour créer une ambiance particulière.

Ça permet d’être créative et de jouer sur l’atmosphère, douce, sensuelle… Ou carrément mystérieuse en mode « Est-ce un téton, est-ce une oreille ? Who knows… »

La guirlande est ton amie, ainsi que les bougies.

Le bon endroit pour un selfie sexy

À moins que ton partenaire soit fétichiste de la vaisselle sale ou des bacs à litière pour chat, double check l’arrière-plan de ton futur cliché.

Le lit reste un classique inusable, conseil éviter la salle de bain, sauf si tu es réellement dans ta baignoire (remplie de pétales de roses, de préférence).

Autres astuces techniques, comme utiliser un retardateur, jouer avec la position des mains pour cacher une zone ou mettre en valeur un pénis.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.